L’ISRA, le CIRAD, DyTAES et l’IRD organisent la 4ème conférence intensification durable à Dakar, le rendez-vous incontournable de l’agroécologie en Afrique de l’Ouest.

La conférence intensification durable (CID 2024) se tiendra du 23 au 25 avril 2024 à Dakar. Lors de cette conférence, de nombreux chercheurs, enseignants-chercheurs, étudiants, experts et professionnels seront réunis pour présenter les derniers résultats scientifiques et échanger sur les défis et les opportunités d'une agriculture durable en Afrique sub-saharienne. Ces échanges permettront ainsi d’appuyer la réflexion et les décisions concernant la transformation des systèmes agricoles et alimentaires face aux changements climatique ainsi que la prise en compte de la transition agroécologique comme moteur de la cohésion des territoires. 

 

L’agroécologie, une nouvelle approche scientifique pour atteindre la souveraineté alimentaire 

Les crises récentes (covid, crise sécuritaire, conflits et marché des matières premières) poussent les sociétés civiles, les États accompagnés par les organisations régionales et internationales, à se réinterroger sur les stratégies de sécurité alimentaire faisant apparaître la question de la souveraineté alimentaire et nutritionnelle. Les modèles agricoles conventionnels ayant montré leurs limites notamment quant à la durabilité environnementale et sociale, plus que jamais, l'agriculture et ses acteurs sont appelés à la fois à nourrir sainement et durablement les populations, tout en préservant les ressources naturelles (les sols, l’eau, la biodiversité et les écosystèmes) dans un environnement fragilisé et menacé par le changement climatique et les transformations sociales.

Les travaux de recherche en cours concernant la compréhension des processus écologiques et biophysiques permettent de répondre aux questions posées par l’adaptation et l’atténuation des changements climatiques, la transition des systèmes pastoraux et agro-sylvo-pastoraux, les systèmes de production urbains et péri-urbains. Par ailleurs, la recherche développe de nouvelles technologies, de nouvelles méthodes d’observations et de modélisation notamment grâce à l'intelligence artificielle.

Les travaux mettent en jeu également de nouvelles approches basées sur la transdisciplinarité associant différents groupes d’acteurs : agriculteurs, éleveurs, conseillers techniques, chercheurs, décideurs politiques, pour une co-conception des futures pratiques agricoles et des stratégies pour une agriculture durable.

Un rendez-vous de rencontres et d’échanges entre des acteurs multidisciplinaires

Cette 4ème édition de la CID a pour vocation d’augmenter la visibilité des travaux de recherche et des dispositifs en partenariat avec la société civile.

La conférence s’organisera en quatre sessions et sera ponctuée par deux tables rondes.

  • Cette session posera la question des impacts de l’intensification des modes d’usages des terres comme levier face aux enjeux de développement durable au Sahel. Une réflexion sera conduite sur les synergies, compromis entre ODD, le rôle des femmes et des jeunes. Ce débat sera alimenté par la présentation de résultats de recherche sur les pratiques agricoles et pastorales alternatives et sur les réponses apportées par ces pratiques face aux enjeux globaux et aux besoins des communautés paysannes. Une attention particulière sera portée sur des pratiques alternatives permettant une adaptation aux effets du changement climatique dans la région, notamment la gestion de la santé des sols, des plantes, des animaux et celle de la ressource en eau. Cette session s’interrogera également sur la capacité de pratiques alternatives pour la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre notamment à travers leur potentialité de séquestration du carbone dans les sols et la végétation.

  • Cette session mettra en lumière les approches ayant intégré dès leur initiation une diversité d’acteurs dans la recherche d’alternatives durables, notamment par des méthodes innovantes de co-conception et de concertation (living labs, plateforme de recherche collaborative, ou participative, modélisation d’accompagnement, démarche délibérative, etc.) Elle permettra également d'identifier les forces et les faiblesses de ces différents types d’actions notamment en ce qui concerne le rôle de la recherche dans ces approches transdisciplinaires.

  • Dans cette session, il sera question d’accueillir les dernières avancées en termes de connaissances sur les techniques ou les pratiques agricoles et d’élevage, les arrangements sociaux et les politiques publiques qui répondent par l’agroécologie aux questions de durabilité à l’échelle locale, territoriale, ou nationale. Il s’agira d’évaluer l’impact de ces possibles transformations sur les politiques renouvelées de souveraineté alimentaire.

  • Sur la base d’exemple d’applications dans le monde agricole, et plus particulièrement en lien avec la transition agroécologique, cette session s’interrogera sur les impacts attendus, mais également sur les limites de l’utilisation de ces nouvelles technologies. Il sera également possible d'échanger sur l’importance des données et leur mise à disposition à la communauté, ainsi que sur les moyens techniques et humains nécessaires au développement de tels outils.

  • Les objectifs de la table ronde seront :

    • de faire le point sur les expériences autour de la transition agroécologique
    • de dialoguer sur la place de la transition agroécologique dans les politiques et les transformations agricoles attendues
    • d’identifier les défis pour une transition agroécologique aboutie.
  • L’objectif de cette table ronde est de débattre :

    • sur des enjeux de la diplomatie scientifique vis à vis de la CNCLD,
    • sur des messages prioritaires à mettre en lumière en prévision de la prochaine COP « Désertification »
    • sur des modalités (Policy brief) pour rendre visible ces messages.

    Le fonctionnement de la convention désertification sera rappelé pour cadrer les réflexions.

Pour participer à l’une de ces sessions ou tables rondes,  vous pouvez envoyer vos propositions de résumés (500 mots) à travers le formulaire d’enregistrement avant le 29 Février 2024.