Updated 25/05/20

L'IRD joue un rôle important dans le développement de la Recherche en Polynésie française depuis plus de 50 ans. Ses activités scientifiques se sont renforcées avec l'UMR 241 EIO qui fédère des agents IRD, UPF, ILM et IFREMER autour de questions en lien avec la vulnérabilité des écosystèmes insulaires et des enjeux sanitaires associés.

Paysage corallien, Polynésie française

© IRD

Paysage corallien, Polynésie française

Des travaux de recherches évolutifs

La Polynésie française est un ensemble d’archipels hétéroclites sur le plan géologique, social, culturel et économique. C’est dans ce contexte que les chercheurs de l’IRD s’investissent depuis le début des années 60 dans des travaux de recherche, sur un territoire dont la surface maritime représente approximativement la taille de l’Europe occidentale.

Après avoir créé un observatoire de géophysique , l’institut a rapidement mis en place un laboratoire d’entomologie médicale en partenariat avec l’Institut Louis Malardé (ILM) pour répondre aux préoccupations des Polynésiens (filariose, dengue…).

Durant les décennies suivantes, des programmes en sciences humaines ont porté sur l’archéologie, l’ethnologie, l’anthropologie, la géographie, le foncier… Ils ont permis d’approfondir les connaissances sur l’histoire de la Polynésie française, son peuple et son développement, et d’éditer le tout premier « Lexique du Tahitien contemporain », ouvrage majeur et indispensable outil de travail.

tatouage-ottino, Polynésie française

© IRD

Les travaux sur les tatouages marquisiens ont aussi mis à jour ce qui s’avère être depuis un véritable patrimoine culturel.

L’IRD s’est également attelé à valoriser la biodiversité polynésienne et les savoirs traditionnels associés. Grace à ces équipes de chercheurs, l’IRD a ainsi favorisé la préservation des savoirs traditionnels, et a réussi à sensibiliser les jeunes générations.

Face à un domaine maritime aussi vaste, exposé aux changements climatiques et aux altérations de l’environnement (tourisme, pêche, perliculture…), de nombreuses équipes s’investissent depuis plus de 50 ans dans l’étude du milieu marin : évolution et fonctionnement géologique, cycle de la matière et de l’énergie dans les lagons, réponse de la biodiversité face aux perturbations …

Avec ses partenaires historiques, l’IRD participe grandement au développement de la Polynésie française. C’est, par exemple, le cas de l’étude d’impact de la modification de l’environnement (travaux sur les biotoxines marines, avec l’ILM).

La chimie marine est aussi l’une des nombreuses orientations scientifiques de l’IRD, associée à l’UPF. L’étude de nouvelles molécules (dans les éponges) sur tout le territoire océanique a notamment l’objectif de les valoriser en cosmétique ou en santé humaine.

Tout cet engagement scientifique de l’IRD et de ses partenaires est matérialisé par des supports de référence qui sont le fruit de décennies de recherche :

  • L’Atlas de la Polynésie française publié en 1993 (plus de six années de missions et travaux),
  • « l’Herbier de Polynésie », un inventaire floristique et une collection de près de 14 000 individus dont la gestion et la conservation ont été transférées au musée de Tahiti et ses îles en 1994,
  • Deux ouvrages « Flore de Polynésie française », résultats de près de 20 ans de recherches,

Cantharella, base de données pharmacologique. Centralise et pérennise les informations collectées lors de programmes de recherche liés aux substances naturelles dans le monde entier. Permet l’échange de données entre scientifiques internationaux et du Territoire.

Ces exemples sont loin d’être exhaustifs. Ils ont pour seule vocation d’illustrer la variété des actions, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, que les chercheurs de l’IRD ont mené et poursuivent toujours,  en lien étroit avec leurs partenaires en Polynésie française.  Cette grande diversité d’actions ne doit pas nous faire oublier le fil conducteur de cette longue démarche démarrée il y a plus de 50 ans : acquérir et transférer des connaissances susceptibles de promouvoir le développement durable de de la Polynésie française.

Petroglyphes_PF

© IRD

Petroglyphes, Polynésie française

Des expertises sur des questions sociétales majeures

Au-delà de ses travaux de recherche, l’IRD a coordonné deux expertises collégiales pluridisciplinaires spécifiquement ciblées sur la Polynésie française. Une première expertise, commanditée par le gouvernement de la Polynésie française, s’est focalisée sur les substances naturelles. En effet, plusieurs produits issus de la flore de Polynésie sont devenus des produits phares de la cosmétique et des produits de santé (fruits du noni, fleurs de  tiare entrant dans la préparation du mono’i de Tahiti, huile de tamanu). Encouragés par ces succès commerciaux, les autorités polynésiennes ont souhaité disposer d’une expertise faisant l’état des connaissances scientifiques sur les substances naturelles polynésiennes. Remise en 2006, cette expertise a formulé plusieurs  orientations concernant les recherches à mener pour  préserver et valoriser au mieux la biodiversité polynésienne et les savoirs traditionnels associés.

 

Plus récemment, une seconde expertise collégiale s’est focalisée sur les ressources minérales profondes. Ce type de ressources est, en effet, devenue un enjeu international majeur, au regard notamment de la raréfaction de certains métaux indispensables au développement des nouvelles technologies et de l’épuisement des ressources minérales continentales. L’immense zone économique exclusive de la Polynésie française a conduit l’État et le Pays à confier à l’IRD la réalisation d’une expertise collégiale (réalisée en  2016) pour faire la lumière sur l’état des connaissances disponibles sur les ressources minérales marines profondes de Polynésie française et sur leur potentiel de valorisation.

 

Bâtiment UMR EIO - Mutualisation à l'UPF

© Fabrice Charleux

Bâtiment UMR EIO - Mutualisation à l'UPF

Un rôle moteur dans la fédération des partenaires et la mutualisation des moyens

En partenariat avec l’UPF et l’ILM, l’IRD a accueilli, en 2010 sur son site d’Arue, le Centre Polynésien de Recherche et de valorisation de la Biodiversité Insulaire (CPRBI) afin de mutualiser des moyens autour de thématiques et d’enjeux clefs pour la Polynésie française (e.g. biotoxines marines, substances naturelles). Pour l’IRD, le CPRBI visait à jeter les bases d’une collaboration plus ambitieuse en préparant la création d’une unité mixte de recherche (UMR). 

 

L’IRD a donc ensuite, tout naturellement, joué un rôle moteur dans la mise en place de l’UMR-241 EIO « Ecosystèmes Insulaires Océaniens » qui a permis fédérer les équipes de 4 organismes de recherche (UPF, IRD, ILM et IFREMER) sur des questions centrales pour le suivi et la gestion de l’environnement et la valorisation de la biodiversité insulaire. A sa création, en 2012, cette UMR présentait plusieurs originalités et spécificités marquantes. Il s’agissait à la fois de la première UMR de l’UPF toutes disciplines confondues, mais aussi de la première UMR française, dont 100% des effectifs étaient basé hors de métropole, dans une collectivité d’Outre-mer. De plus, cette UMR a permis de fédérer sur des objectifs communs à la fois des agents d’organismes dépendant de l’Etat français (IRD, UPF, Ifremer) et ceux d’un institut géré par le Pays (ILM). Enfin, il s’agissait de la plus grande structure de recherche en effectif de toute la Polynésie française.

 

L’UMR-EIO a joué un rôle précurseur dans la fédération des équipes de recherche et de mutualisation des compétences à l’échelle de la Polynésie française. Cet effort s’est poursuivi et élargit en 2019 avec la création du Consortium de Recherche RESIPOL (Recherche, Enseignement Supérieur et Innovation pour la Polynésie française) qui associe 12 partenaires, et dont l’IRD est un des 6 fondateurs.

 

 

 

Contacts & Coordonnées

Contacts

Direction de la Représentation de l'IRD en Polynésie française
Jean-Claude Gaertner
Représentant de l'IRD
Tél. +(689) 40 86 64 38 (gmt -10)

 

Equipes scientifiques

L’ensemble des agents IRD de l’UMR EIO est affecté en Polynésie française et focalise ses travaux sur la vulnérabilité des écosystèmes insulaires du Pacifique sud et sur les enjeux sanitaires associés.

Par ailleurs, des agents IRD de plusieurs autres UMR (en particulier des UMR ENTROPIE, IMBE, MIVEGEC, MIO ou  LOPS), basés en Nouvelle Calédonie ou en métropole, conduisent régulièrement des travaux de recherche en Polynésie française.

 

Coordonnées

Représentation IRD de Polynésie française

Université de Polynésie française
UMR EIO, bâtiment D
Téléphone : +(689) 40 86 64 38 (gmt -10)
Courriel : polynesie@ird.fr