Summary

Updated 19/05/20

L'IRD mène au Chili des travaux en coopération, principalement sur les domaines des risques naturels (sismologie, volcanologie), océanographie, changement climatique, écologie et biodiversité, santé, politiques de développement et mondialisation.

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© IRD

Séisme du 27 février 2010 au Chili

Risques et ressources naturels

Les géosciences sont une des thématiques principales de la collaboration IRD au Chili, et constituent l’axe de collaboration historique de l’IRD avec ce pays qui cumule les records géologiques. Allongé sur 4000 km le long d'une chaîne de montagne active, le Chili est le siège de méga-séismes, c'est l'un des pays les plus volcaniques du monde, les plaques s'y rapprochent à une vitesse de plusieurs centimètres par an, et son climat varie du nord au sud depuis le désert d'Atacama, le plus sec du monde, jusqu'aux contrées froides et pluvieuses de Patagonie. Cette géologie unique en fait un laboratoire exceptionnel pour étudier la construction d'une chaîne de montagne, les risques naturels, l'érosion, et les ressources naturelles. Depuis 1992, l'IRD y conduit des recherches variées dans ces domaines en étroite collaboration avec les partenaires universitaires et institutionnels. Compte tenu de sa diversité environnementale et des nombreux enjeux liés à l'eau, à l'exposition de différentes communautés aux risques multiples, le Chili est aussi un pays remarquable pour développer des recherches interdisciplinaires autour des géosciences et des sciences sociales.

  • Le LMI COPEDIM: Pédiment et Cuivre

    Depuis 2012, ce LMI co-porté par l’Universidad Catolica del Norte (UCN, R. Riquelme) à Antofagasta et le GET Toulouse (S. Carretier) regroupe une quinzaine de chercheurs français, chiliens et péruviens. Il vise à comprendre les relations existant entre l'érosion des Andes, les climats anciens et la formation de méga-gisements de cuivre. Ces recherches pluridisciplinaires peuvent permettre de rationaliser la prospection minière mais débouchent également sur la reconstruction de paléo-climats et la quantification de l'érosion des sols. Actuellement, l’affectation de S. Brichau (GET Toulouse) à l’Universidad de Chile, permet de poursuivre ces études, portant notamment sur la datation de gisements de cuivre du Désert d’Atacama pour mieux comprendre l’histoire du climat et du relief de cette région.

  • Le GDRI-Sud ANDES

    Ce groupement de recherche international vise à étudier le fonctionnement de la zone de subduction andine, afin de mieux caractériser et anticiper les aléas telluriques associés (sismiques, volcaniques, tsunamis, glissements de terrain). La zone concernée, l’une des plus actives du globe, inclut Chili, Pérou, Equateur, Colombie, avec qui les équipes françaises ont développé des partenariats solides au cours des dernières décennies, permettant notamment le déploiement et l’exploitation d’observations in situ (réseaux nationaux de surveillance) et la création de structures collaboratives (de type LMI, JEAI ou LIA). Le GDRI regroupe des partenaires chiliens (Universidad de Chile), équatoriens (Escuela Politécnica Nacional) et péruviens (Instituto Geofísico del Perú et INGEMMET), ainsi que 6 UMR en Sciences de la Terre (dont 4 à tutelle IRD) : GeoAzur, GET, ISTerre, LMV, ENS Paris, IPG Paris. Ce dispositif structurant vise à renforcer la synergie entre les communautés scientifiques du Nord et du Sud impliquées, en soutenant prioritairement des actions de recherche et de formation à l’échelle régionale (en particulier Sud‐Sud) pour mieux répondre aux questions scientifiques, méthodologiques ou technologiques et aux enjeux de développement.

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© IRD-Patrick Ginot

Expédition Great Ice sur le glacier Guanaco

Etude du changement climatique

Variabilité climatique et cycles biogéochimiques dans l’Océan Pacifique Sud-Est

La circulation océanique le long des côtes du Chili joue un rôle central dans la régulation du climat à travers des processus d’interaction avec l’atmosphère mais aussi via son rôle sur la zone de minimum d’oxygène (OMZ), une couche d’eau sous-oxygénée pouvant produire des gaz à effet de serre. Cet axe de recherche vise à comprendre les mécanismes de modulation de la circulation océanique et de l’OMZ et son impact sur les écosystèmes marins côtiers et insulaires. Cet axe s’appuie sur plusieurs projets nationaux (Fondecyt, ANID) et internationaux (Europe), parmi lesquels H2020 FutureMARES, JPI CE2COAST, Milenio ESMOI, en collaboration principalement avec le CEAZA à La Serena (Centro de Estudios Avanzados en Zonas Áridas), portés par B. Dewitte (UMR LEGOS).

Diversité et changement climatique.

Dû à leur proximité (bio)géographique et écologique, et à l’impact accru du réchauffement à ces latitudes, les écosystèmes antarctiques et subantarctiques chiliens (terrestres et océan austral) sont une zone de transition clé pour étudier les effets du changement climatique, considérée comme « sentinelle ». A ce titre, l’IRD (via l’UMR M.I.O) est impliqué dans le projet Anillo PIA CONICYT « GAB », porté par l’Université du Chili et l’IEB (Instituto de Ecologia y Biodiversidad), qui cherche à établir la distribution de la biodiversité marine australe en réponse aux changements climatiques passés, présents et futurs, en intégrant toutes les échelles de la diversité, depuis les microorganismes jusqu’aux invertébrés et vertébrés marins.

  • Méthane et microorganismes

    En tant que puissant gaz à effet de serre, le méthane a un impact direct sur le réchauffement climatique. Les lacs, tourbières et zones humides ont un rôle majeur dans la production et la régulation du méthane (mécanismes contrôlés par des microorganismes), notamment dans les hautes latitudes (zones polaires), les plus exposées au réchauffement climatique (fonte du permafrost). Les projets ERANET-LAC METHANOBASE et ECOS-Sud MATCH (co-portés par L. Cabrol, IRD M.I.O et M. Barret ENSAT) étudient la diversité microbienne impliquée dans le cycle du méthane en (sub)arctique et (sub)antarctique : impact du réchauffement sur les microorganismes, et rétroaction de l’activité microbienne sur le climat. Ces projets ont été construits sur la base d’une étroite collaboration avec le Chili (PUCV, UMAG, IEB) et impliquent en outre 7 autres partenaires internationaux.

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© IRD - Sylvain Bonvalot

Paysages volcaniques du Chili

Ecologie microbienne et biotechnologies

Le Chili est un laboratoire naturel exceptionnel pour étudier de nombreux environnements extrêmes (lagunes acides et/ou ultra salées, gisements de métaux, géothermie, antarctique, désert…) permettant le développement de communautés microbiennes adaptées à des conditions drastiques. De plus, le changement climatique, ainsi que certaines activités économiques et industrielles d’importance au Chili (extraction minière, aquaculture intensive) ont un impact direct sur les écosystèmes et conduisent également au développement de communautés microbiennes adaptées aux perturbations anthropiques. Ces ressources microbiennes, avec leurs capacités métaboliques et physiologiques hors du commun, offrent un potentiel biotechnologique majeur pour des applications d’intérêt, comme par exemple le traitement d’eaux usées contaminées ou la production d’énergie renouvelable (biogaz, biohydrogène) en conditions inhibitrices. Cet axe de recherche s’appuie sur des collaborations M.I.O/PUCV de longue date, une bourse de thèse CONICYT sur la digestion anaérobie à partir de déchets de l’industrie aquacole (co-supervisée par L. Cabrol), un projet ECOS BioH2.

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© IRD - Mylène Wilt

Paysage agricole au Chili

Agroécologie - Réponses des agrosystèmes face aux changements socio-environnementaux

Cet axe de recherche s’intéresse à la mobilisation du patrimoine bioculturel au profit de l'agriculture familiale. En s'appuyant sur les notions de biens communs, de résilience socio-écologique et de panarchie, et en mobilisant les instruments de la recherche-action participative, cet axe de recherche ouvre une réflexion sur les conditions d'une agriculture paysanne inclusive et de son appropriation par les petits producteurs, notamment dans la région du Maule (par exemple, les producteurs de quinoa). Ces travaux cherchent à promouvoir la justice et l’inclusion sociales et économiques et la transition agro-écologique, en partant du principe que la préservation de l'agro-biodiversité locale et la reconstitution de l'histoire agraire des communautés peuvent servir à promouvoir l'origine et la qualité des produits agricoles paysans sur les marchés locaux et même internationaux. Cet axe de recherche est soutenu par plusieurs projets en cours[1] entre le Chili (Universidad Catolica del Maule, Talca, USACH),  l’Argentine (INTA, UNJU-CONICET/CISOR) et la France (UMR CEFE Montpellier, Thierry Winkel) et inclut sciences sociales, agronomiques et écologiques.

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© IRD - Rose-Marie Ojeda

Développement territorial

Urbanisme, politique du logement

Il s’agit d’un projet de coopération technique et recherche sur la rénovation et régénération urbaine et sociale des quartiers d'habitat social dégradés au Chili et au Mexique. Il est financé par le Fonds de coopération Chili-Mexique (Secrétariat du développement agraire, territorial et urbain (SEDATU) au Mexique, et Ministère du logement et de l'urbanisme (MINVU) au Chili). Le projet est coordonné par C. Paquette, IRD (UMR LPED) en collaboration avec la Faculté d'architecture et d'urbanisme de l'Université du Chili et l'Institut Poytechnique du Mexique (IPN). Un premier forum international a été organisé à Merida du 17 au 21 février 2020 par l'Institut national du fonds du logement pour les travailleurs (INFONAVIT), principal financeur du logement social au Mexique et en Amérique latine.

Ville et changement climatique

Cet axe de recherche s’intéresse aux stratégies régionales de développement territorial (notamment dans la région de Tarapacá), à la mitigation et l’adaptation des villes et des territoires face aux pressions anthropiques et au changement climatique, particulièrement sur la thématique de l’eau. Un programme est en cours avec le gouvernement régional, incluant une forte composante de formation universitaire. Cet axe repose sur des collaborations régionales avec la Bolivie (IDIS - UMSA), impliquant le LPED Marseille (Hubert Mazurek) et l’Université Arturo Prat à Iquique (sciences sociales, sciences politiques