Nombre de partenaires scientifiques de l'IRD, en France et dans les pays du Sud, sont à la pointe de la lutte contre la pandémie, au travers des actions concertées de la recherche, sur le terrain et en soutien à la décision publique. Portraits, réalisés avec les représentations de l'IRD, de quelques figures emblématiques parmi nos partenaires.

De nouveaux portraits viendront enrichir cet article tout au long de l'été. 

Brésil

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Christovam Barcellos est géographe, spécialiste en santé publique et docteur en géosciences. Chercheur senior à l'Institut d'information et de communication en santé (ICICT) de la Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz), à Rio de Janeiro et professeur à l’École Nationale de Santé Publique Sergio Arouça (ENSP/Fiocruz), il mène principalement des études sur les relations entre l’environnement et les conditions de santé, notamment à l'aide des outils de la géomatique. Partenaire de l'IRD, il co-dirige le Laboratoire Mixte International « Sentinela ». Fondateur de l’Observatoire brésilien du climat et de la santé, il est particulièrement engagé dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 au Brésil, au travers du suivi de l’épidémie, de l'étude de ses scénarios d’évolution et de ses spécificités territoriales. À cette fin, il coordonne notamment le développement de la plateforme de diffusion de données et de connaissances « MonitoraCovid19 ». En effet, la diversité des entités géographiques (favelas, Amazonie, zones frontalières ou territoires indigènes), leur interactions aux diverses échelles de temps et d’espace et les contextes environnementaux, culturels, économiques et politiques dans lesquels elles s’intègrent, génèrent des processus de diffusion différenciés du Covid-19.

Côte d’Ivoire

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Professeur titulaire de microbiologie à l’UFR des sciences médicales de l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, Mireille DOSSO est directrice de l'Institut Pasteur de Côte d'Ivoire (IPCI) et Cheffe de service au laboratoire central du CHU de Yopougon. L’institut Pasteur de Côte d’Ivoire est au cœur du dispositif de lutte contre l’épidémie de Covid-19, réalisant la totalité des analyses des 500 à 600 prélèvements naso-pharyngés effectués quotidiennement dans le pays. La collaboration de longue date que les chercheurs de l’IRD entretiennent avec l’Institut Pasteur va s’illustrer une nouvelle fois au travers d’une étude portant sur l’hypothèse de l’existence d’une immunité croisée entre le SARS-COV-2 et les autres espèces de coronavirus rencontrés chez l’homme (collaboration IPCI, UMR UMMISCO et TransVIHMI). Cette étude, qui reçoit également le soutien de l’ambassade de France, va démarrer à la fin du mois de juin et les premières conclusions devraient être communiquées à la fin du mois de juillet.

 

Equateur

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Angel Guevara est professeur à l’Université Centrale d’Equateur (UCE) et président de l'Académie des Sciences d'Equateur, deux institutions partenaires de l'IRD en Equateur. Il conduit des projets variés, diagnostics, suivi de traitement ou prévention de différentes maladies en Equateur. Ses recherches sont focalisées sur les maladies qui constituent des problèmes de santé publique et affectent les populations les plus vulnérables du pays, comme les communautés indigènes ou les afro-Equatoriens. Il a participé, entre autre à un programme qui a permis l’élimination de l'onchocercose en Équateur. Angel Guevara est particulièrement engagé dans la gestion de la crise du COVID-19. L’activité de son laboratoire s’est notamment transformée depuis le début de l’épidémie, notamment pour pallier au manque de structure de dépistage du coronavirus. En effet, avec ses collègues de l’Institut de recherche en Biomédecine de l’UCE, ils réalisent des test moléculaires (RT-PCR) sur la population de Quito pour détecter le virus SARS-CoV-2. D’autre part, Angel Guevara dirige un projet de développement à court terme, en collaboration avec des universités étrangères et nationales, d’un test immunologique facile d’accès pour la population équatorienne qui permette de détecter si le corps développe des anticorps (IgC) contre le SARS-CoV-2.

Laos

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Phimpha Paboriboune est médecin, directrice scientifique du Centre d’Infectiologie Christophe Mérieux du Laos (CILM). Elle a de nombreuses années d'expérience dans la gestion des prélèvements et des analyses de sang, en particulier la charge virale pour les hépatites, le génotypage de la résistance aux médicaments et le diagnostic précoce du VIH pour tous les centres de thérapie antirétrovirale du pays. Elle organise chaque année des ateliers nationaux sur l'infection par le VIH et les hépatites à l'intention des cliniciens et des infirmières. Elle est aussi chef d’équipe du projet européen COCLICAN. En partenariat avec l’IRD, la Dr Paboriboune co-pilote le projet Lacoviss, financé par l’ANRS dans le cadre de l’appel à projet COVID19. Il s’agit d’une étude épidémiologique du SARS-CoV-2 au Laos par une approche One-Health. En effet, contrairement à ce qui pourrait être attendu, le Laos est peu touché par la maladie. Cette étude permettra de suivre l’évolution de l’épidémie et de mieux comprendre les modèles de dissémination du virus dans le pays.

La Réunion

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Patrick MAVINGUI est microbiologiste, directeur de recherche au CNRS et directeur de l’unité PIMIT (Processus Infectieux en Milieu Insulaire Tropical) implantée à La Réunion. Spécialiste des interactions hôtes-agents infectieux dans le cadre des émergences infectieuses en milieu tropical, il est très impliqué, dans le cadre d’une task force regroupant CHU, Cirad, CNRS, Inserm, IRD et Université de La Réunion dans le diagnostic Covid-19. Ses recherches actuelles concernent l’évolution du virus SARS-CoV-2 à La Réunion et dans l’océan Indien. Il développe aussi des stratégies de lutte épidémiologique (recherche de molécules antivirale dans les plantes) en utilisant la biodiversité locale et malgache. Enfin, il travaille sur la mise au point d’une technique impliquant des nanoparticules lipidiques pour traiter l’inflammation et inhiber le virus SARS-CoV-2 directement dans les poumons. Toutes ces recherches sont réalisées au CYROI (Cyclotron Réunion Océan Indien) sur le plateau technique Platin-OI qui répond aux exigences légales et techniques de manipulation des pathogènes d’origine virale de classe 3 dangereux pour l’environnement ou la santé publique.

Madagascar

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Le Dr Randremanana Rindra Vatosoa est médecin épidémiologiste, responsable de l’Unité Epidémiologie et Recherche Clinique à l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM). Elle a une expérience en recherche clinique et a contribué à la conception, réalisation et valorisation de plusieurs études réalisées à Madagascar ou en multicentrique avec d’autres pays africains (avec le Réseau des Instituts Pasteurs). Ses thématiques de recherche sont axées sur les priorités de santé publique dans les pays à faibles ressources comme Madagascar : maladies diarrhéiques (projets MADIHO, cohorte Campylobacter), tuberculose (projet TB-KIDS), peste et malnutrition infantile (AFRIBIOTA, MALINEA, enquête nationale sur le statut en iode de la population Malagasy). Dans le cadre du COVID 19, en collaboration avec plusieurs unités de l’IPM (unité de virologie, immunologie des maladies infectieuses, centre de biologie clinique) et les cliniciens des centres hospitaliers prenant en charge les patients COVID 19 à Antananarivo, elle est impliquée dans 2 projets de recherche. Ceux-ci concernent les premiers cas d’infections par le COVID-19 et leurs contacts intra-domiciliaires et aussi les facteurs de risque d’infection par le COVID-19 chez les professionnels de santé.

Mali

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Le Pr. Ousmane Koita est directeur du Laboratoire de biologie moléculaire appliquée (LBMA) de la Faculté des Sciences Techniques de l’Université des Sciences et Techniques et des Technologies de Bamako (USTTB). Il est aussi  membre du comité scientifique interdisciplinaire et partenarial COVID-19 de l’IRD. Le LBMA est un des 4 centres de dépistage du SARS-CoV2 au Mali. Les recherches du Pr Koita sur l’épidémie de SARS-CoV-2 au Mali, comprennent un essai clinique randomisé des formulations phytothérapeutiques sur la clairance virale in vivo, une étude sur sa diversité génétique au Mali par le séquençage de son génome ainsi que l’étude de l’exposition au virus par des analyses sérologiques.

Maroc

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Saïd Boujrouf est Professeur de géographie, directeur du Laboratoire des études sur les ressources, mobilités et attractivité (LERMA) au sein de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech et co-directeur du Laboratoire Mixte International MediTer (IRD) depuis 2016. Il s’intéresse aux questions d’aménagement et de développement territorial au Maroc et travaille sur les questions de spécification, qualification des produits locaux, patrimonialisation et valorisation touristiques dans les zones de la marge au Sud du Maroc. Le Centre National pour la Recherche Scientifique et Technique (CNRST) du Maroc a sélectionné pour financement, dans le cadre de son appel à projet "COVID-19", le projet intitulé : « Enjeux et défis des mobilités touristiques dans un contexte de Pandémie Covid-19, Diagnostic et perspectives d’avenir pour la Région de Marrakech-Safi « TOUR-BLA-COVID » » conduit par son équipe du LERMA en collaboration avec l’IRD, le CESSMA de Paris-Diderot, la Délégation Régionale du Ministère du Tourisme de la Région Marrakech-Safi, l’Inspection Régionale de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme de Marrakech-Safi et le Conseil Régional du Tourisme de la Région Marrakech-SafiCe projet vise à appréhender les enjeux du tourisme et les défis économiques et sociaux que le COVID-19 pose à l’ensemble de ses acteurs afin d’optimiser un retour rapide à la viabilité et la rentabilité dès que les circonstances le permettront.

Mexique

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Gerardo Suzan est Professeur à la Faculté de Médecine Vétérinaire et Zootechnique de l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM) et co-responsable du LMI ELDORADO. Ses études ont permis d’identifier plus de 30 coronavirus chez les chauves-souris et les rongeurs dans le centre et le sud du Mexique. Lui et son équipe ont ainsi caractérisé la diversité phylogénétique des coronavirus, leurs schémas évolutifs et coévolutifs, ainsi que les différentes lignées existant dans le pays. Ces études ont permis de mieux comprendre l'influence de l'environnement sur la présence et la prévalence des coronavirus chez les différentes espèces de chauves-souris. Dans le cadre du LMI Eldorado, Gerardo Suzan étudie notamment la diversité phylogénétique des coronavirus et du SARS-CoV-2 dans les populations d'animaux domestiques (chats, chiens, poulets, porcs, furets), péridomestiques (chauves-souris et souris) et dans les populations humaines qui interagissent en milieu rural et urbain à Quintana Roo, Yucatán et Campeche. Les chercheurs seront, ainsi, en mesure d'identifier les schémas de distribution du SARS-CoV-2, les espèces réservoirs et celles susceptibles de le transmettre aux humains. Simultanément, les chercheurs du LMI ELDORADO mènent un projet pour identifier le risque potentiel de transmission du SARS-VOC-2 de l'homme aux primates néotropicaux.

Thaïlande

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Anamika Kritiyakan est une jeune enseignante-chercheuse en microbiologie et immunologie au sein de la faculté de Technologie Vétérinaire de l'Université Kasetsart en Thaïlande. Après avoir mené à bien sa thèse durant trois ans à Montpellier, elle a intégré le projet FutureHealthSEA dirigé par le Dr Serge Morand. Au sein de cette équipe internationale, elle s'intéresse aux liens entre l'utilisation des sols, le changement climatique et l'émergence de nouvelles maladies infectieuses, en particulier chez les rongeurs d'Asie du Sud-Est. Ses recherches sont très liées à la lutte contre l'épidémie du Covid-19 puisque les animaux sauvages pourraient avoir joué un rôle clé dans la transmission du virus. En outre, Anamika fait partie intégrante du projet DisCoVer du Dr Meriadeg Le Gouil, qui cherche à déterminer les origines du coronavirus Sars-Cov2 et à comprendre comment il a pu circuler et devenir si dangereux pour l’homme. Pour ce faire, l'équipe composée de plusieurs chercheurs IRD étudie les réservoirs de chauves-souris porteuses de coronavirus en Asie. Anamika est notamment responsable du traitement éthique des animaux étudiés, de la gestion des échantillons et des sites de collecte en milieux naturels et en fermes d'élevage.

 

Tunisie

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Leila Baghdadi est maître de conférence en économie à l'ESSECT, Université de Tunis, où elle occupe la chaire de l'Organisation Mondiale du Commerce. Elle est membre du Conseil d'Administration de la Banque centrale de Tunisie depuis août 2019 et du Conseil d’Analyses Economiques depuis novembre 2017. Leila Baghdadi siège au Conseil Scientifique Consultatif de l'Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives. Elle siège également au sein du Comité Consultatif de l’Economic Research Forum, du Comité Associé de l’Euro-Mediterranean Network for Economic Studies et est rédactrice adjointe au Middle East Development JournalA l’heure du dé-confinement, Leila Baghdadi est extrêmement engagée dans le développement d’une recherche économique appliquée en Tunisie prenant en compte les nombreux défis économiques et sociaux. Elle dirige notamment avec Mohamed-Ali Marouani, représentant de l’IRD en Tunisie et membre de l’UMR Développement et sociétés un projet de recherche, financé par l’ANRS, qui porte sur la vulnérabilité des firmes dans les PED, au choc du COVID-19. L’objectif de leurs travaux est d’offrir des outils performants d’aide à la décision afin de cibler les aides aux entreprises les plus affectées ainsi qu’à celles qui auront le plus d’effets d’entrainement sur l’économie.

Vietnam

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Le Dr. Pham Quang Thai est membre du Comité directeur national pour le contrôle de l'épidémie de COVID-19 au Vietnam. Fort d'une expérience de 20 ans dans le domaine des maladies infectieuses à l'Institut national d'hygiène et d'épidémiologie (NIHE) de Hanoï, le Dr Thai contribue à la gestion des résultats de test en laboratoire pour coordonner le traçage des contacts, fournit des informations actualisées issues de la recherche scientifique nationale et internationale pour recommander la réponse à l'épidémie et contribue à l'éducation à la santé publique, tant par l'enseignement universitaire (formation des professionnels de santé) que par la fourniture d'informations précises aux médias. Ancien directeur de la JEAI EID, il contribue au projet COMOKIT, associant l'IRD et EDF, financé par l'ANRS, pour la réalisation d’un outil d’aide à la décision en santé publique par la modélisation à base d'agents, permettant de prendre en compte l'hétérogénéité de la population et les caractéristiques des individus (âge, occupations, etc.), à plusieurs échelles territoriales. 

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Le Pr. Nguyen Ngoc Doanh est Professeur à l'Université de Thuyloi, spécialiste de la modélisation mathématique et informatique des systèmes complexes. Membre de la cellule de réponse rapide du Ministère des Sciences et Technologies contre l'épidémie de COVID-19, il a principalement travaillé sur le contrôle de l'épidémie à Ho Chi Minh Ville (estimation du pic épidémique, effets des différentes actions de contrôle) et sur la prédiction de nouveaux cas à différentes échelles (de la ville au pays). Directeur actuel de la JEAI WARM, il contribue au projet COMOKIT.

Zimbabwe

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Le Professeur Davies M. Pfukenyi est le doyen de la Faculté des sciences vétérinaires de l'Université du Zimbabwe, en Afrique australe. Il collabore depuis plusieurs années avec l’IRD, aux côtés de ses collègues de l’Université, dans le domaine de la recherche sur les maladies animales et zoonotiques. Les chercheurs étudient actuellement les caractéristiques génétiques des différents coronavirus trouvés chez des chauves-souris du pays. La population locale visite fréquemment l’habitat des colonies de chauves-souris pour collecter du guano pour les cultures. Ainsi, les coronavirus que les mammifères volants transportent peuvent facilement être transmis à l'homme et provoquer des maladies similaires au Covid-19.Le Professeur Pfukenyi coordonne les multiples projets communs UZ-IRD-CIRAD sur les zoonoses, tels que CAZCOM, et supervise plusieurs étudiants travaillant sur ce sujet.

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